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Stress thermique en été
22.06.2026

Stress thermique en été

Les vaches aiment se tenir au frais. Les vaches apprécient-elles les chaudes journées estivales?

Manuela Falk (TORO 05/16)

Les bovins sont considérés comme étant très résistants au froid. La chaleur, surtout si elle va de pair avec une humidité de l’air élevée, leur crée des difficultés. Leur bien-être est maximal à une température ambiante se situant entre 4 °C et 16 °C avec une humidité de l’air entre 50 et 80%. La résistance d’une vache à la chaleur, sans quelle souffre de stress thermique, dépend de plusieurs facteurs.

Il devrait toujours y avoir suffisament de zones d’ombre à disposition au pâturage.
Bild: Swissgenetics / jbg

Maintenir basse la température du corps

De par son métabolisme, la vache produit continuellement de la chaleur: la digestion du fourrage et la production de lait libèrent une grande énergie calorifique. C’est pourquoi la vache doit pouvoir réguler sa température interne, sans quoi elle peut arriver rapidement en situation de stress thermique, si les températures extérieures sont élevées. Lorsqu’il fait chaud, la vache régule sa température interne en libérant de la chaleur par le biais de différents mécanismes:

  • Elle réduit sa propre production de chaleur en consommant moins, en diminuant sa production de lait et en limitant ses mouvements.
  • Elle rayonne la chaleur directement par la peau.
  • Elle refroidit son corps avec le souffle de l’air ou au contact des surfaces plus fraîches.
  • Elle transpire ou élimine de la chaleur et de l’humidité en respirant plus rapidement.

Si, toutefois, l’air ambiant est déjà saturé en humidité, la situation peut devenir très pénible pour les animaux, qui ne peuvent plus éliminer leur surplus de chaleur en le transmettant à l ’environnement. Le stress thermique en devient insupportable. Dans les cas extrêmes, la vache peut même s’effondrer suite à une hyperthermie.

Comment reconnaître les vaches qui souffrent du chaud?

A partir d’une température ambiante de 24 °C et d’une humidité de l’air de 70% déjà, les premiers signes de  surcharge physique sont apparents:

  •  Accélération de la fréquence respiratoire (> 80 respirations/min)
  • Tête et cou tendus / respiration par la bouche
  • Température du corps > 39.6 °C
  • Raccourcissement des phases de repos
  • Recherche de zones fraîches (sol en béton au lieu de litière profonde, matelas de paille ou autre matelas mous)
  • Séjour près des portes et ouvertures de l’étable
  • Pelage trempé par la sueur
  • Consommation réduite de fourrage / ingestion de beaucoup d’eau
  • Diminution de la production laitière
  • Faibles chaleurs et retours en chaleurs récurrents

Quelles sont les conséquences potentielles?

Mais bien avant ce stade critique, la chaleur a déjà une influence négative sur divers paramètres. La quantité et la qualité du lait diminuent rapidement. De même la santé du rumen et la fertilité souffrent du fait que la vache soit exposée à des températures élevées. Chez les jeunes animaux, la chaleur peut freiner l’accroissement et le développement. De par la réduction de la consommation, l’activité de rumination diminue également. Cela entraîne une plus faible production de salive qui, à son tour, limite la quantité de bicarbonate qui arrive dans la panse en tant que tampon. La situation devient d’autant plus compliquée que les vaches continuent de consommer la ration totale de concentrés et laissent de côté le fourrage grossier, riche en structure. Le pH du rumen risque de chuter considérablement, provoquant une acidose de la panse. De plus, la réduction de la consommation de fourrage débouche sur un bilan énergétique négatif et une perte de poids, indépendamment du stade de lactation. Ce manque d’énergie modifie les teneurs du lait et augmente le risque d’acétonémie. S’ensuivent des troubles de la reproduction. En raison de la carence en énergie, la vache manque de réserves pour produire les hormones sexuelles. Les ovaires sont trop peu ou pas du tout stimulées et les ovules n’arrivent pas à maturité. Les chaleurs sont peu prononcées ou inexistantes et des kystes peuvent se former sur les ovaires. De surcroît, les retours en chaleurs sont plus fréquents. Pour maintenir la consommation de matière sèche aussi élevée que possible, les vaches devraient avoir accès toute la journée à du fourrage de qualité. Les aliments spéciaux, qui soutiennent l’activité de la panse et stimulent l’ingestion de fourrage, peuvent également aider.

L’eau comme prévention

Un bon approvisionnement en eau permet de réduire sensiblement le risque d’un stress thermique. Les vaches boivent jusqu’à 150 l d’eau par jour. Afin de garantir un approvisionnement optimal en e au, les dimensions des abreuvoirs doivent toujours être calculées d’après la consommation maximale. L’eau doit en tout temps être à disposition en quantité suffisante. Il est important de veiller à ce que les animaux de rang inférieur aient aussi toujours accès à l’eau, raison pour laquelle les abreuvoirs ne doivent pas être montés dans un cul-de-sac. Dans l’idéal, chaque groupe de vrait disposer de deux bassins. Le besoin en eau des vaches laitières est le plus grand directement après la traite et après l’affouragement. Il faut donc qu’un point d’eau soit installé tout près de la salle de traite et à proximité de la table d’alimentation. Au pâturage également, les vaches devraient avoir un accèspermanent à l ’eau fraîche, sans qu’elles doivent parcourir de longues distances. Lors de l’aménagement des abreuvoirs, il s’agit de garder à l’esprit la position naturelle qu’adopte une vache qui boit, car les vaches aiment boire en tendant la tête en a vant, légèrement vers le bas, et plonger leur museau dans l’eau. Les bassins sont les systèmes les plus appropriés dans les stabulations libres, il faut toutefois veiller à une longueur suffisante.

Un bon approvisionnement en eau permet de réduire sensiblement le risque d’un stress thermique.
Bild: www.zweiaufreisen.com

Une aération correcte

D’autres facteurs importants permettant de limiter le risque de stress thermique sont les zones d’ombre en suffisance au pâturage ou la possibilité de faire pâturer les vaches durant la nuit lorsqu’il fait trop chaud. Il faut également veiller à une aération suffisante de l’étable dans le but de garder la température et l’humidité de l’air dans une zone confortable. Le plus simple est d’ouvrir les fenêtres et les portes. Pour éviter les courants d’air, il faut que les entrées et les sorties d’air soient de taille similaire. D’une manière générale, dans les étables, les ouvertures principales devraient être orientées en direction du vent. La circulation de l’air dans l’étable peut également être soutenue par des ventilateurs. Ces derniers sont à installer si possible parallèlement à l’axe de la fourragère, en dessus des logettes, de l’aire d’affouragement et de l’aire d’attente pour la traite. Idéalement, les ventilateurs sont réglés automatiquement via un thermostat et fonctionnent dès que la température de l’étable monte au-delà de 18 °C. Des brumisateurs peuvent être installés pour rafraîchir les vaches. Les gouttelettes d’eau mouillent le pelage et retirent de la chaleur au corps. Les dispositifs d’arrosage combinés avec les ventilateurs ont le meilleur pouvoir de refroidissement. Il faut cependant que la douche soit montée de sorte à ce que ni les logettes, ni le fourrage ne soient mouillés. Dans la pratique, les séquences de 15 minutes ont fait leurs preuves: la douche fonctionne pendant trois minutes, suivies de 12 minutes de pause. Il faut par ailleurs veiller à c e que l’arrosage ne soit mis en marche que lorsque la température est supérieure à 24 °C et que l’humidité de l’air est inférieure à 70%. Il faut donc avoir installé aussi bien un thermomètre qu’un hygromètre, pour pouvoir mesurer le climat de l’étable. En général les brumisateurs n’augmentent que l’humidité relative de l’air, raison pour laquelle il faut un échange suffisant d’air, pour que l’humidité puisse être évacuée. Si ce n’est pas le cas, le risque existe que les vaches se retrouvent dans un bain de vapeur involontaire et qu’elles ne puissent plus éliminer de chaleur.